Les métiers de l’archéologie
Éditions Infolio, Gollion, 2026

L’enjeu de cet ouvrage, son ambition même, est de présenter aux lectrices et aux lecteurs la réalité du métier d’archéologue et les moyens qui sont engagés pour aboutir à une connaissance du passé aussi exhaustive et objective que possible.
Sa trame se décompose en six grandes parties : l’archéologie sur le terrain ; l’archéologie en laboratoire ; les méthodes de datation ; les problématiques de conservation, restauration et exposition ; les techniques qui permettent de faire revivre le passé ; les formations proposées pour devenir archéologue. On y découvrira notamment quelles sont les méthodes de prospection mises en œuvre pour repérer les sites potentiellement visés ; comment s’effectuent une fouille et l’enregistrement des données qui constituent le cœur du métier et l’étape la plus cruciale du travail archéologique puisque, bien souvent, surtout lors d’une fouille préventive, le site exploré est appelé à disparaître définitivement ; on y apprendra également ce qu’est l’étude du bâti, car l’archéologue est aussi mobilisé pour étudier les techniques et les phases de construction d’un édifice ; on sera impressionné par l’ample batterie de spécialistes mis à contribution pour étudier et analyser, par exemple, les corps et les pratiques funéraires, les maladies et les pathologies dont ont souffert nos prédécesseurs, les différents outils et matériaux qu’ils ont employés (céramique, pierre, métaux, bois, cuir, verre), les moyens d’échanges qu’ils ont utilisés (monnaies), les divers animaux qu’ils ont domestiqués ou chassés pour se nourrir ou fabriquer des objets, les restes organiques et végétaux qu’ils ont laissés et qui témoignent de leur environnement et des paysages qu’ils ont pu contempler et exploiter, les techniques employées pour décorer leur habitat, etc.
En outre, comme l’histoire des Hommes mobilise le temps long, il est impératif de replacer les vestiges mis au jour dans une chronologie relative et/ou absolue ; la stratigraphie, la typologie des céramiques et du mobilier métallique, la sériation (méthode statistique) ou les monnaies, par exemple, permettent de dater un objet ou un site dans une fourchette chronologique relativement serrée en établissant des liens chronologiques avec d’autres vestiges du même type ou en utilisant des corpus déjà établis, alors que les méthodes de datation physico-chimiques comme le radiocarbone, le potassium-argon, l’uranium-thorium (méthodes isotopiques et radiométriques), la thermoluminescence (méthode de physique du solide), l’archéomagnétisme ou la dendrochronologie donnent une fourchette, voire une date, plus précise, exprimée en années, sans faire nécessairement référence à un contexte archéologique particulier.
Après leur mise au jour, certains objets archéologiques appelés “biens archéologiques mobiliers” nécessitent un traitement de conservation qui vise à préserver des matériaux dégradés par l’enfouissement et à les rendre manipulables, lisibles et étudiables par les spécialistes, voire présentables au grand public lors d’une exposition. C’est tout le travail du conservateur-restaurateur. Les musées jouent également un grand rôle dans le long cheminement des objets archéologiques puisqu’ils se consacrent à la recherche, la collecte, la conservation, l’interprétation et l’exposition du patrimoine matériel et immatériel.
Ensuite, le travail de recherche doit être diffusé largement, autant que faire se peut, auprès des spécialistes et du grand public, car il s’agit alors de faire “revivre le passé” par la publication des résultats, la médiation, l’imagerie 3D, l’intelligence artificielle ou l’archéologie expérimentale qui, étapes ultimes du travail de l’archéologue, combinant rigueur scientifique et approche pratique, offrent une perspective vivante, didactique et dynamique du passé.
Enfin, on ne peut faire l’impasse sur le cursus universitaire que la/le jeune étudiant(e) doit suivre pour devenir archéologue, et qui se fait dans la plupart des grandes universités et dans de nombreuses écoles francophones. C’est là où tout commence ! Et c’est au terme d’un Master 2 (Bac+5) que les jeunes diplômé(e)s débuteront leur parcours professionnel qui pourra embrasser le travail sur le terrain, la recherche et/ou l’enseignement.
Jean Cuny
Les métiers de l’archéologie, sous la direction de Bruno Bioul, éditions Infolio, Gollion, 2026, 158 p., 29 €
